Depuis 2025, la mise en location des logements classés G est interdite. À partir de 2028, ce sera le tour des F.
Et même si la vente reste autorisée sans condition de DPE, l'effet sur la psychologie de l'acheteur est devenu massif.
Quand un acquéreur visite un bien étiqueté F ou G, il pense désormais à trois choses : le coût des travaux, les aides disponibles, et le risque de revente dans dix ans.
Résultat : les passoires énergétiques se vendent toujours, mais avec une décote claire et des délais plus longs.
Voici la vérité du marché en 2026, et ce que je conseille concrètement aux propriétaires que j'accompagne dans le Haut-Rhin.
Ce qui a vraiment changé pour les vendeurs
La grande peur des propriétaires de F et G est de ne plus pouvoir vendre. C'est faux.
Vous pouvez toujours vendre, sans contrainte légale particulière à la vente. Ce qui a changé, ce n'est pas la loi, c'est l'acheteur.
Trois choses bougent dans la tête de l'acquéreur en 2026.
Il fait un calcul de coût total désormais : prix d'achat plus coût de rénovation plus aides plus durée des travaux.
Il intègre la perspective d'une interdiction de location à terme, donc le risque de ne pas pouvoir louer s'il déménage.
Et il sait que les banques regardent désormais le DPE pour calibrer leur offre de prêt : un bien noté F ou G obtient parfois un dossier moins favorable, ou conditionné à des travaux.
Concrètement, sur les biens que je vends dans le Florival et autour de Cernay, je constate une décote moyenne de 10 à 20 % pour un F par rapport à un bien équivalent en D.
Pour un G, la décote monte à 15 à 25 %. Sur certains biens difficiles, isolés, mal exposés, j'ai vu jusqu'à 30 % d'écart.
Audit énergétique obligatoire, ne confondez pas avec le DPE
Depuis le 1er avril 2023, si vous vendez une maison individuelle classée F ou G, vous devez en plus du DPE fournir un audit énergétique.
Et depuis le 1er janvier 2025, cette obligation a été étendue aux maisons individuelles classées E.
C'est un document plus poussé, qui chiffre les travaux nécessaires pour passer le bien en C ou en B, avec un scénario d'amélioration.
Il coûte entre 600 et 1 000 €, et il est obligatoire à remettre à l'acquéreur dès la première visite.
Cet audit, beaucoup de vendeurs le redoutent. À tort.
Bien expliqué, il devient un outil de vente. Il montre à l'acquéreur que vous avez préparé le dossier, que vous connaissez les travaux, que vous n'avez rien à cacher.
Il sert aussi de base à la négociation : « vous voyez, l'audit chiffre 28 000 € de travaux pour passer en C, c'est déjà intégré dans mon prix ».
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Les trois options qui s'offrent à vous
Quand je reçois un propriétaire d'un bien noté F ou G, je pose toujours les trois options sur la table avant qu'il décide.
Option 1, Vendre en l'état, avec une décote assumée
C'est l'option la plus rapide. Vous vendez maintenant, à un prix qui intègre la décote énergétique de manière transparente.
Vos acheteurs cibles seront soit des investisseurs locatifs qui prévoient de rénover avant remise en location, soit des particuliers prêts à faire les travaux à leur main, souvent avec les aides MaPrimeRénov' et l'éco-prêt à taux zéro.
Avantage : vous vendez vite, vous tournez la page, vous n'avez pas à avancer la trésorerie des travaux.
Inconvénient : la décote est subie, vous laissez de l'argent sur la table.
Option 2, Rénover partiellement avant la vente
C'est l'option intermédiaire. Vous ciblez deux ou trois travaux à fort impact DPE : isolation des combles, changement de chaudière, isolation des murs extérieurs si c'est faisable.
L'idée n'est pas de tout refaire, mais de gagner une lettre, voire deux.
Un bien qui passe de F à E, ou de G à E, change de catégorie psychologique. Il sort de la zone « passoire ».
Avantage : la valeur récupérée à la vente dépasse souvent l'investissement, surtout si vous utilisez les aides.
Inconvénient : il faut entre 3 et 8 mois pour faire les travaux, refaire le DPE, et lancer la vente. Et tous les biens ne se prêtent pas à cette opération.
Option 3, Rénover en profondeur et vendre en C ou mieux
C'est l'option la plus rentable sur le papier, mais aussi la plus longue et la plus risquée en trésorerie.
Vous engagez 30 à 80 000 € de travaux, vous récupérez les aides, et vous vendez un bien rénové. La revalorisation peut dépasser 25 % du prix initial.
Avantage : maximum de valeur.
Inconvénient : douze à dix-huit mois de projet, gestion du chantier, risque de mauvaise estimation des travaux, et le marché peut bouger pendant ce temps.
À envisager seulement si vous n'êtes pas pressé et si vous avez la trésorerie.
Comment je choisis avec un vendeur
La décision dépend de quatre paramètres concrets.
Votre horizon de vente : si vous voulez vendre dans les six mois, l'option 1 ou 2 seulement.
Votre trésorerie disponible : si vous ne pouvez pas avancer 30 000 €, l'option 3 est exclue, même avec les aides.
La nature de votre bien : une maison ancienne pierre et bois ne se rénove pas comme un pavillon des années 80.
Et l'écart entre votre lettre actuelle et la lettre cible : passer de G à F n'apporte pas grand-chose, passer de G à E change tout.
C'est ce calcul que je fais avec mon partenaire diagnostiqueur Mathias et avec Greg de Pro-G² Rénovation, qui chiffre les travaux ciblés.
En 24 à 48h, on a une feuille de route claire : option recommandée, coût des travaux, gain estimé à la revente, calendrier réaliste.
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Les pièges à éviter
Je vois cinq erreurs récurrentes chez les vendeurs de F ou G qui me consultent après coup.
La première : refaire un DPE à plusieurs reprises en espérant un meilleur résultat.
La méthodologie est aujourd'hui standardisée et stricte. Un nouveau DPE ne donnera pas une meilleure lettre s'il n'y a pas de travaux entre les deux.
La deuxième : commencer les travaux sans avoir validé le scénario d'aides.
MaPrimeRénov' a des plafonds, des critères, des combinaisons de gestes obligatoires. Engager les travaux avant l'accord de financement, c'est risquer de perdre une part importante des aides.
La troisième : sous-estimer la durée des travaux.
Une rénovation énergétique sérieuse, c'est rarement moins de quatre mois entre les premiers devis et la fin de chantier, surtout si vous coordonnez plusieurs artisans.
À intégrer dans votre calendrier de vente.
La quatrième : choisir le mauvais geste prioritaire.
Beaucoup de propriétaires commencent par la chaudière alors que leur déperdition principale vient des combles ou des fenêtres.
L'audit énergétique sert exactement à ça : déterminer le geste à plus fort impact pour votre bien.
La cinquième : surévaluer la décote dans sa tête.
Certains vendeurs annoncent d'emblée 30 % de moins par peur du marché. C'est rarement justifié.
Une lecture précise des biens vendus dans votre commune donne presque toujours une décote plus mesurée.
La bonne nouvelle
Les acheteurs de 2026 ne fuient plus systématiquement les F et G. Ils négocient plus dur, ils visitent moins vite, mais le marché existe.
Le segment des investisseurs locatifs qui rénovent avant remise en location est même très actif.
Et les acquéreurs primo-accédants éligibles aux aides élargies peuvent transformer une passoire en bien valorisé en deux ans, avec une mise initiale plus basse.
C'est même un calcul gagnant pour beaucoup de profils.
Ce qu'il faut, c'est arrêter d'avoir peur du dossier et le poser correctement.
Un bien noté F vendu au juste prix, avec un audit énergétique clair, des photos soignées et un argumentaire honnête, trouve preneur. Je le vois chaque mois sur mes mandats.
Si vous hésitez entre les trois options sur votre propre bien, je peux vous donner une lecture en 24h via mon pré-diagnostic vendeur.
Je croise votre DPE, votre adresse, l'état du bien, et je vous renvoie la fourchette de prix dans chaque scénario, avec mon avis franc.
Sans engagement, et c'est vous qui décidez de la suite.
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