C'est la question qu'on me pose le plus souvent depuis un an. Le marché de la vente s'est tendu, la location tourne mieux, et beaucoup de propriétaires hésitent.
La réponse ne se trouve pas dans une opinion. Elle se trouve dans un calcul, et ce calcul n'est presque jamais fait correctement, parce qu'on s'arrête au rendement brut.
Voici le calcul complet, avec des chiffres réels du secteur.
Une précision d'abord : je suis conseiller immobilier, ni fiscaliste ni conseiller en gestion de patrimoine. Les chiffres qui suivent sont des ordres de grandeur destinés à poser le raisonnement. Pour la partie fiscale et patrimoniale, votre notaire ou votre comptable trancheront mieux que moi.
Les deux chiffres de départ
Tout part de là : ce que vaut votre bien à la vente, et ce qu'il peut se louer.
| Commune | Prix de vente | Loyer |
|---|---|---|
| Cernay | 1 921 €/m² | 12,50 €/m² par mois |
| Guebwiller | 1 845 €/m² | 12,00 €/m² par mois |
| Soultz-Haut-Rhin | 1 920 €/m² | 12,00 €/m² par mois |
| Thann | 1 875 €/m² | 11,50 €/m² par mois |
| Vieux-Thann | 1 874 €/m² | 12,00 €/m² par mois |
Données MeilleursAgents relevées au 1er septembre 2026, au 1er août pour Guebwiller. Valeurs pour un appartement, qui servent à situer une commune, pas à calculer votre bien : le prix au mètre carré baisse quand la surface augmente.
Ce que rapporte vraiment la location
Prenons un cas concret, un appartement de 70 m² à Guebwiller.
Valeur à la vente, environ 129 000 €. Loyer, environ 840 € par mois, soit 10 080 € sur l'année.
Le rendement brut ressort donc à 7,8 %. C'est le chiffre que tout le monde retient, et c'est celui qui ne veut rien dire.
Voilà ce qu'il en reste.
Avec l'hypothèse d'un mois de vacance tous les trois ans, le loyer réellement encaissé tombe à environ 9 800 € par an.
Il faut ensuite retirer les charges : la taxe foncière, disons 900 €, les charges non récupérables et l'entretien courant, disons 600 €, les honoraires de gestion si vous déléguez, environ 800 € à 8 % du loyer, et la garantie loyers impayés, environ 300 €. Soit 2 600 € au total.
Reste 7 200 € avant impôt, ce qui représente 5,6 % de la valeur du bien.
Puis l'impôt. Au régime micro-foncier, vous êtes imposé sur 70 % du loyer brut, soit 7 056 €, à votre tranche marginale plus 17,2 % de prélèvements sociaux. À une tranche de 11 %, cela fait environ 1 990 €. À 30 %, environ 3 330 €.
Il reste donc entre 5 200 et 3 870 € selon votre tranche. Soit un rendement net compris entre 4,0 % et 3,0 %.
Du 7,8 % annoncé, il reste 3 à 4 %. Ce n'est pas mauvais, mais ce n'est pas la même conversation.
Un mot sur le régime fiscal, parce que la question vient toujours. Dans cet exemple, le micro-foncier et le régime réel se tiennent de près, parce que les charges déductibles réelles avoisinent l'abattement forfaitaire de 30 %. Ce n'est pas toujours le cas : dès qu'il y a des travaux ou un crédit en cours, le réel devient souvent plus favorable. C'est un arbitrage à faire avec votre comptable, pas une règle générale.
Ce que rapporte vraiment la vente
De l'autre côté, la vente.
Vous percevez le prix net vendeur, c'est-à-dire le prix affiché diminué des honoraires d'agence si c'est vous qui les supportez. Les frais dits de notaire sont à la charge de l'acquéreur, ils ne vous coûtent rien.
Deux éléments viennent ensuite.
S'il vous reste un crédit, il est soldé au moment de la vente, avec d'éventuelles indemnités de remboursement anticipé.
Et si le bien n'est pas votre résidence principale, la plus-value est imposée. Le taux est de 36,2 %, dont 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec une surtaxe de 2 à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value nette. Des abattements s'appliquent selon la durée de détention, avec une exonération totale d'impôt sur le revenu à 22 ans de détention et de prélèvements sociaux à 30 ans. La réforme qui ramenait ce seuil à 17 ans a été votée à l'Assemblée en novembre 2025 mais n'a pas été retenue dans la loi de finances promulguée en février 2026.
Votre notaire chiffre cette plus-value précisément. Demandez-la-lui avant de décider, pas après.
Ce qui reste, enfin, c'est un capital disponible. Sa valeur dépend entièrement de ce que vous en faites : rembourser un crédit plus cher, financer un autre achat, ou le placer.
Les quatre questions qui tranchent vraiment
Dans les faits, la décision se joue rarement sur un écart de rendement. Elle se joue sur ces quatre points.
Avez-vous besoin du capital ? Un projet, un autre achat, une succession à régler, un crédit coûteux à solder. Si oui, la question est réglée, et aucun rendement locatif ne compense un besoin de liquidité.
Votre DPE vous laisse-t-il le choix ? Un logement classé G ne peut plus être loué depuis 2025, un F ne le pourra plus en 2028. Si vous êtes dans ce cas, lisez d'abord l'article consacré à cette situation, le calcul n'est plus le même.
Êtes-vous prêt à être bailleur ? Ce n'est pas une question de rentabilité, c'est une question de tempérament. Un impayé, une chaudière qui lâche un dimanche, un état des lieux de sortie qui se discute. Certains propriétaires le vivent très bien, d'autres dorment mal pendant trois ans.
Dans combien de temps voudrez-vous vendre ? Si c'est dans deux ou trois ans, louer entre-temps a du sens et laisse le marché respirer. Si c'est dans quinze ans, l'horizon change tout, y compris sur la plus-value.
Ce que j'observe sur le secteur
Ce ne sont pas des règles, mais des tendances que je constate sur les dossiers du Florival et de la vallée de la Thur.
Les biens qui se louent le mieux sont les petites surfaces en bon état, proches des gares et des services, et les maisons familiales de trois ou quatre chambres, qui manquent sur le secteur.
Ceux qui se vendent le mieux sont les biens sans travaux, correctement classés au DPE, et les maisons avec du terrain.
Et un bien qui ne trouve pas preneur à la vente ne trouvera pas forcément un locataire non plus. Si le problème vient de l'état, de l'emplacement ou du prix, il se posera dans les deux cas. Basculer de la vente vers la location pour fuir un prix mal positionné ne règle rien, ça reporte.
Faire le calcul sur votre bien
Les chiffres de cet article sont des moyennes. Les vôtres sont différents.
Je peux vous donner les deux en 24 heures, gratuitement et sans engagement : la valeur de votre bien à la vente, et le loyer qu'il peut atteindre. Avec les deux en main, le calcul ci-dessus se fait en dix minutes.
Si vous préférez en parler de vive voix, je reste joignable au 06 81 46 90 63.
Questions fréquentes
Quel rendement locatif peut-on espérer dans le Haut-Rhin ?
Sur un appartement du secteur, le rendement brut se situe souvent entre 7 et 8 %. Après vacance, taxe foncière, charges, gestion et impôt, il reste généralement entre 3 et 4 % nets, selon votre tranche marginale d'imposition et selon que vous déléguez ou non la gestion.
Vaut-il mieux vendre maintenant ou attendre ?
Cela dépend de votre besoin de capital, de votre DPE et de votre horizon. Sur le secteur, les prix ont progressé de manière régulière ces dernières années, sans flambée ni chute. Attendre pour attendre n'apporte rien ; attendre parce qu'un projet arrive dans deux ans, oui.
Si je loue, puis-je vendre plus tard avec le locataire dedans ?
Oui, mais votre bien s'adressera alors principalement à des investisseurs, ce qui réduit le nombre d'acquéreurs et pèse souvent sur le prix. L'échéance du bail devient un élément central de la négociation. C'est un point à anticiper dès la mise en location plutôt qu'à découvrir au moment de vendre.
La plus-value s'applique-t-elle si je vends ma résidence principale ?
Non, la vente de la résidence principale est exonérée de plus-value. L'imposition ne concerne que les résidences secondaires et les biens locatifs, avec des abattements selon la durée de détention et une exonération totale à 22 ans pour l'impôt sur le revenu, 30 ans pour les prélèvements sociaux.
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