Si votre logement est classé G au DPE, la question ne se pose plus : depuis le 1er janvier 2025, vous ne pouvez plus le mettre en location comme résidence principale.
Si votre bail était en cours avant cette date, vous ne pouvez pas non plus le renouveler ni le laisser se reconduire tacitement à son échéance.
Beaucoup de propriétaires du secteur découvrent la règle au moment où leur locataire donne congé. C'est le pire moment, parce qu'il ne reste alors que des décisions prises dans l'urgence.
Voici l'état exact du droit aujourd'hui, la réforme en cours qui pourrait le modifier, et les trois options qui s'offrent à vous.
Le calendrier, et ce qu'il interdit vraiment
La loi Climat et Résilience de 2021 a fixé trois échéances pour la France métropolitaine.
Les logements classés G ne peuvent plus être loués depuis le 1er janvier 2025. Les logements classés F ne pourront plus l'être à partir du 1er janvier 2028. Les logements classés E suivront au 1er janvier 2034.
L'interdiction porte sur la location à usage de résidence principale, et elle est plus large qu'on ne le croit. Elle vise le nouveau bail, mais aussi le renouvellement d'un bail existant et sa reconduction tacite à échéance.
À cela s'ajoute une mesure plus ancienne et souvent oubliée : depuis août 2022, le loyer d'un logement classé F ou G ne peut plus être augmenté, ni en cours de bail, ni au renouvellement, ni à la relocation.
Une chose reste possible sans aucune restriction : vendre. Aucune classe énergétique n'empêche une vente.
La réforme en cours, et pourquoi elle ne doit pas vous faire attendre
Le 23 avril 2026, le gouvernement a annoncé un projet de loi Relance logement qui prévoit de rouvrir la location aux logements F et G, à condition que le propriétaire s'engage sur des travaux.
Le texte annoncé prévoit un délai de trois ans pour une maison individuelle et de cinq ans pour un appartement en copropriété, au terme duquel le logement devra atteindre au moins la classe E pour continuer à être loué. L'objectif affiché est de remettre environ 700 000 logements sur le marché locatif.
Ce texte n'est pas adopté à ce jour. Il doit encore achever son parcours parlementaire, avec une adoption espérée avant la fin de l'année 2026.
Autrement dit, l'interdiction s'applique aujourd'hui, entièrement. Et si vous choisissez d'attendre, vous pariez sur un texte qui n'existe pas encore, dans sa version définitive, avec un logement qui ne rapporte rien pendant ce temps.
Ce qui ne veut pas dire qu'il faut brader. Cela veut dire qu'il faut décider en connaissance de cause, et pas sur une rumeur entendue chez le voisin.
Option 1, faire les travaux
C'est la seule option qui conserve le bien dans votre patrimoine et le remet en location.
Le point de départ n'est pas le devis, c'est l'audit énergétique. Il chiffre les scénarios de travaux et indique lesquels font réellement gagner une ou deux classes. Sans lui, on dépense beaucoup pour gagner peu.
Ce qui fait basculer une classe, en général, c'est le chauffage et l'isolation, dans cet ordre. Changer les fenêtres seules fait rarement bouger un G.
Deux questions à trancher avant de se lancer. Le coût des travaux rapporté à la valeur du bien, d'abord : au-delà d'un certain seuil, l'opération n'a plus de sens patrimonial. Et le loyer que vous pourrez demander après travaux, ensuite, car c'est lui qui détermine en combien d'années vous les amortissez.
Option 2, vendre
Vendre reste possible à tout moment, quelle que soit la classe énergétique.
La contrepartie est une décote, et elle est réelle sur le secteur. Le sujet mérite un article à lui seul, et je l'ai écrit : vendre une passoire énergétique dans le Haut-Rhin.
Un point pratique à retenir dès maintenant : pour vendre un bien classé F ou G en monopropriété, l'audit énergétique est obligatoire et doit être remis dès la première visite. Il vous sera donc demandé de toute façon. Autant le faire réaliser tôt, et s'en servir comme argument plutôt que de le subir en cours de négociation.
Option 3, vendre à un investisseur qui fera les travaux
C'est l'option dont personne ne parle, et c'est souvent la plus rapide.
Un investisseur n'achète pas un logement, il achète un rendement futur. Il sait chiffrer des travaux, il en attend une décote, et il n'a pas besoin de se projeter dans la cuisine.
Sur un bien classé F ou G, cette catégorie d'acquéreurs représente une part importante des visites, et elle décide plus vite qu'un couple qui cherche à s'installer.
Le dossier qu'on lui présente n'est pas le même. Il lui faut l'audit énergétique, le chiffrage des travaux, le loyer atteignable après rénovation, et l'état de la copropriété s'il y en a une. Avec ces éléments, la négociation porte sur des chiffres. Sans eux, elle porte sur une inquiétude, et cela coûte toujours plus cher au vendeur.
Ce que ça donne sur notre secteur
Entre le Florival et la vallée de la Thur, la situation varie beaucoup d'une commune à l'autre.
À Guebwiller, où près de 56 % des habitants sont locataires, un logement qui sort du marché locatif perd d'un coup une part importante de sa demande. C'est la commune où la contrainte pèse le plus fort.
À Vieux-Thann, à Soultz ou à Wittelsheim, où les propriétaires occupants sont majoritaires, l'impact est plus mesuré, mais la décote à la vente reste là.
Et dans le bâti ancien des centres de Thann, Cernay et Guebwiller, la question se pose beaucoup plus souvent que dans les lotissements des années 90.
Par quoi commencer
Si votre logement est classé F ou G et que vous le louez ou comptiez le louer, deux chiffres suffisent à décider : ce que valent les travaux, et ce que vaut le bien en l'état.
Je peux vous donner le second sous 24 heures, gratuitement et sans engagement, avec le loyer atteignable après travaux si la question se pose.
Si vous préférez en parler de vive voix, je reste joignable au 06 81 46 90 63.
Questions fréquentes
Puis-je encore louer un logement classé G en 2026 ?
Non. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être mis en location comme résidence principale en France métropolitaine, et un bail en cours ne peut plus être renouvelé ni reconduit tacitement à son échéance. Un projet de loi annoncé en avril 2026 prévoit de rouvrir cette possibilité sous condition de travaux, mais il n'est pas adopté à ce jour.
Et si je loue en meublé ou pour une courte durée ?
L'interdiction porte sur la location à usage de résidence principale. Les autres formes de location relèvent de règles distinctes, qui évoluent elles aussi. C'est un point à vérifier au cas par cas avant de s'engager, et je vous oriente volontiers.
Mon logement est classé F, combien de temps me reste-t-il ?
Jusqu'au 1er janvier 2028 en l'état actuel du droit. Sachez toutefois que depuis août 2022, le loyer d'un F ne peut déjà plus être augmenté, ni en cours de bail, ni au renouvellement, ni à la relocation. Deux ans et demi paraissent longs, mais un audit, un chiffrage, des devis et un chantier tiennent rarement dans moins d'un an.
Puis-je vendre un logement classé G ?
Oui, sans aucune restriction de classe énergétique. L'audit énergétique est en revanche obligatoire pour la vente d'un F ou d'un G en monopropriété, et doit être remis dès la première visite. Prévoyez une décote, dont l'ampleur dépend du bien, de la commune et de la nature des travaux à engager.
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